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Joseph Okito
Photo : Wikipédia

Joseph Okito

1910 - 1961

Homme politique

Congolaise Koyapongo 05 février 1910 Décès : 17 janvier 1961 — Près d’Élisabethville, au Katanga 13 vues 4 minutes et 47 secondes
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Biographie

Joseph Okito est un homme politique congolais dont le parcours se confond avec les premiers mois, particulièrement instables, de l’indépendance du Congo. Sénateur du Kasaï et deuxième vice-président du Sénat en 1960, il participa aux initiatives parlementaires de conciliation au cœur de la crise institutionnelle. Arrêté à la fin de la même année, il fut transféré au Katanga puis exécuté le 17 janvier 1961 avec Patrice Lumumba et Maurice Mpolo. Sa trajectoire demeure moins visible que celle de Lumumba, mais elle éclaire le rôle du Parlement et le sort réservé à plusieurs responsables du nouvel État congolais.

  • 5 février 1910 : naissance à Koyapongo, dans le territoire de Lusambo, selon les notices disponibles.
  • Avant 1960 : responsabilités exercées dans l’administration coloniale.
  • 1960 : élection comme sénateur du Kasaï.
  • 22 juin 1960 : élection comme deuxième vice-président du Sénat, selon les chronologies disponibles.
  • Septembre 1960 : participation aux initiatives parlementaires de conciliation.
  • 17 janvier 1961 : transfert au Katanga et exécution avec Patrice Lumumba et Maurice Mpolo.
  • 29 juin 2022 : décoration posthume au grade de Grand Officier.

Joseph Okito est né le 5 février 1910 à Koyapongo, dans le territoire de Lusambo, selon les notices disponibles. Les éléments permettant de reconstituer précisément son enfance et sa formation restent insuffisamment établis. Son parcours public est mieux documenté à partir de ses responsabilités dans l’administration coloniale, dont le titre exact n’est toutefois pas retenu.

Avant l’indépendance, il fut associé à l’Union rurale du Congo. Il rejoignit ensuite le Mouvement national congolais, le parti lié au combat politique de Patrice Lumumba. Cette transition l’inscrivit dans la vie publique au moment où les institutions du futur Congo indépendant se mettaient en place.

En 1960, Joseph Okito fut élu sénateur du Kasaï. Cette fonction le plaça au sein de la chambre appelée à représenter les provinces dans le nouvel ordre constitutionnel. Les sources disponibles établissent également sa qualité de deuxième vice-président du Sénat. Selon les chronologies consultées, son élection à cette fonction intervint le 22 juin 1960.

Ce titre doit être distingué de celui de président titulaire du Sénat, que certaines publications lui attribuent sans preuve institutionnelle suffisante. Pendant la crise de septembre 1960, Okito joua néanmoins un rôle dirigeant dans les initiatives parlementaires de conciliation. Il participa ainsi aux efforts du Parlement pour maintenir un espace de dialogue alors que l’exécutif et les institutions nationales étaient profondément divisés.

Les mois qui suivirent l’indépendance furent marqués par des affrontements politiques, des ruptures institutionnelles et la sécession katangaise. Dans ce contexte, Joseph Okito resta associé au camp de Patrice Lumumba. Son activité parlementaire ne le protégea pas de la répression qui frappa les principaux responsables lumumbistes.

Joseph Okito fut arrêté à la fin de 1960. Un mandat de dépôt le concernant est daté du 14 janvier 1961. Cette pièce documente sa détention ; elle ne constitue ni la preuve d’un procès ni celle d’une condamnation. Quelques jours plus tard, il fut transféré au Katanga avec Patrice Lumumba et Maurice Mpolo.

Le 17 janvier 1961, les trois prisonniers furent transférés dans le Katanga sécessionniste. Ils furent exécutés le même jour près d’Élisabethville. Le site mémoriel associé à leur exécution se trouve à Shilatembo. La présentation de ces faits exige de distinguer ce qui est établi des responsabilités attribuées par les documents ultérieurs.

Un rapport diplomatique américain attribue les tirs contre Joseph Okito et Maurice Mpolo à des soldats katangais. Cette attribution documentaire ne doit pas être transformée en jugement pénal. Plus tard, la commission parlementaire belge chargée d’examiner les circonstances de l’assassinat de Lumumba conclut à une responsabilité morale de certains responsables belges. Cette conclusion institutionnelle ne correspond pas à une condamnation pénale individuelle.

Après l’annonce des morts, le Conseil de sécurité des Nations unies adopta la résolution 161 du 21 février 1961, qui décida notamment l’ouverture d’une enquête. Cette réaction internationale témoigne de la portée de l’affaire, sans constituer elle-même un jugement sur l’ensemble des responsabilités.

La mémoire de Joseph Okito fait l’objet de commémorations publiques, souvent aux côtés de celles de Patrice Lumumba et Maurice Mpolo. Elle demeure cependant moins visible que celle de Lumumba. Cette différence de notoriété ne retire rien à sa place dans l’histoire parlementaire des débuts de l’indépendance, mais elle explique pourquoi son parcours reste moins connu du grand public.

Le 29 juin 2022, Joseph Okito fut décoré à titre posthume Grand Officier de l’Ordre national Héros nationaux Kabila-Lumumba. Cette reconnaissance doit être citée sous son intitulé exact. Elle marque l’inscription officielle de sa mémoire dans les hommages rendus aux acteurs des luttes et des crises qui ont accompagné la naissance de l’État congolais.

En mars 2026, une juridiction bruxelloise ordonna le renvoi d’Étienne Davignon dans une procédure portant sur des accusations liées à la détention, au transfert et aux meurtres de Maurice Mpolo et Joseph Okito. Davignon niait toute implication. Son décès, survenu le 18 mai 2026 avant la tenue du procès, empêcha qu’une juridiction se prononce sur sa culpabilité.

Les avocats de la famille annoncèrent alors envisager des actions civiles. À la date de clôture documentaire du 23 septembre 2026, ces démarches étaient seulement envisagées dans les sources retenues. Aucune condamnation de Davignon ne peut donc être affirmée.

Joseph Okito occupe une place singulière dans l’histoire politique du Congo indépendant. Sénateur du Kasaï et deuxième vice-président du Sénat, il participa aux tentatives parlementaires de conciliation pendant la crise de 1960. Son arrestation, sa détention, son transfert au Katanga et son exécution avec Patrice Lumumba et Maurice Mpolo l’inscrivent dans l’un des épisodes les plus graves des débuts de l’indépendance. Sa postérité reste marquée par un contraste : associé à un événement mondialement connu, il demeure lui-même moins présent dans la mémoire publique. Les commémorations et la décoration posthume de 2022 contribuent à mieux reconnaître son rôle, sans effacer les questions historiques et judiciaires qui entourent encore la disparition des trois hommes.

Auteur(s) : Alpha Memidra Egbango

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