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Marie Muilu Kiawanga Nzitani
Mama Muilu KIawanga Nzitani Photo : Droit Tiers

Marie Muilu Kiawanga Nzitani

1880 - 1959

Figure Historique

Congolaise Nkamba 07 mai 1880 Décès : 27 avril 1959 4.854k vues 4 minutes et 16 secondes
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Biographie

Le 5 avril 1921, son mari Simon Kimbangu l’instruit de sonner la cloche le lendemain avant que le culte matinal du 6 avril 1921, un mercredi. Marie Muilu exécuta avec obéissance l’ordre de son mari, devenant ainsi la première femme catéchiste. Pour les autorités religieuses, elle avait donc enfreint la loi qui voulait que la cloche ne soit sonnée uniquement par les hommes et les dimanches. Un grief qui sera mis dans son « casier judiciaire ».

Le 12 septembre 1921, Simon Kimbangu est arrêté par l’autorité coloniale belge. Le 15 septembre 1921, Marie Miulu et ses enfants sont aussi arrêtés puis séparés : l’aîné, Kisolokele est envoyé à Boma « pour subir lavage de cerveau », les deux autres enfants (Dialungana et   Diangienda) avec leur maman sont assignés en résidence à Ngombe Kinsuka à NKamba (à environ 306 km de Matadi). Le 3 octobre, le jugement est rendu à l’encontre de Simon Kimbangu et il est condamné à mort. 

Le 10 octobre 1921, avant son incarcération, Simon Kimbangu demanda à voir sa femme et ses enfants. C’est en ce jour que Simon Kimbangu lui confia la mission de prendre soins des enfants, de conserver et de transmettre son message prophétique, et de veiller sur le mouvement naissant. 

Durant les 30 ans d’incarcération de Simon Kimbangu, c'est Marie Muilu qui est officiellement responsable de l’église. Elle fait preuve de beaucoup de courage car, en dépit de l’interdiction formelle des réunions des prières, elle organise clandestinement des rencontres à Ngombe Kinsuka, et ce, depuis l’arrestation de son mari  Simon Kimbangu jusqu’à sa mort en 1959. Elle ne cessa de soutenir son mari, s’identifiant à son appel, relayant ses mots d’ordre, encourageant ses fidèles, et luttant pour l’institutionnalisation du mouvement Kimbanguiste.

Pour les fidèles Kimbanguistes, Mama Muili est considérée comme la première cheffe spirituelle de l’église Kimbanguiste, au regard de son apport à l’encadrement des partisans et à sa consolidation.

Le 12 avril 1959, quelques avant sa mort, elle distribue les cartes de catéchistes aux premiers cadres de la nouvelle Église Kimbanguiste et avant de  passer le relais du leadership de l’Église à son troisième fils, Joseph Diangienda Kuntima, alors âgé de 41 ans. 

 

Marie Muilu décède le 27 avril 1959. Son corps est enterré à Ngombe Kinsunka. 

Ainsi après son décès, l’Église kimbanguiste est officiellement reconnue par l’État colonial belge un certain 24 décembre 1959. Quelque mois plus tard, le 3 avril 1960, le corps de Simon Kimbangu est rapatrié à Nkamba. 

Le 10 octobre 2009, les ossements de Maman Muilu, sont exhumés de Ngombe-Kinsuka en présence d’une foule des fidèles, placés dans un cercueil et sont exposés à Kamba pour le recueillement. Ils seront placés, le 12 octobre 2009, dans un mausolée, aux côtés de la tombe du Prophète Simon Kimbangu, son époux.

 

  • En 2020, la commune d'Etterbeek, en Région de Bruxelles-Capitale, renomme de manière temporaire le Square Léopoldville au nom du Square 'Marie Muilu Kiawanga Nzitani'.
  • Depuis 2021, l’ASBL « Pensons Bercail» de Pitchou Matuasilua milite pour la reconnaissance nationale et internationale de Mama Muilu comme « Héroïne Nationale ». A cet effet, elle a écrit un plaidoyer et financé la production d’un film intitulé  "Mama Muilu la résistante". C’est un long métrage de fiction d’une heure, réalisé par Johnny Balongi et produit par Pitchou Matousilua, qui a été lancé et diffusé en avant-première le 22 octobre à Bruxelles. Le film a aussi été retenu par le jury du festival international des films éducatifs Komane du Cameroun, et remporta le 4 février 2022 à Yaoundé, le « Prix Spécial du Koname ».