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Antoine Gizenga
Antoine Gizenga Photo : Droit Tiers

Antoine Gizenga

1925 - 2019

Premier Ministre • Homme d'Etat

Autres catégories : Chef de parti politique, Vice premier ministre

Congolaise Mbanze 05 octobre 1925 Décès : 24 février 2019 — Kinshasa 3.386k vues 5 minutes et 23 secondes
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Biographie

Antoine Gizenga, également désigné dans la presse sous le nom d’Antoine Gizenga Fundji, est une personnalité politique congolaise associée au lumumbisme. Vice-Premier ministre de Patrice Lumumba en 1960, puis de Cyrille Adoula en 1961, il connaît la détention et l’exil avant de retrouver des responsabilités gouvernementales. Son parcours relie le pouvoir rival de Stanleyville, la fondation du Parti lumumbiste unifié et les élections de 2006, à l’issue desquelles Joseph Kabila le nomme Premier ministre. Il illustre les transformations d’un engagement politique exercé tour à tour dans le gouvernement, l’opposition et l’organisation partisane.

  • 5 octobre 1925 : naissance à Mbanze, dans le territoire de Gungu, selon son autobiographie.
  • Juin 1960 : devient vice-Premier ministre du gouvernement de Patrice Lumumba.
  • 5 septembre 1960 : révocation du gouvernement Lumumba par le président Joseph Kasa-Vubu.
  • 12 décembre 1960 : proclamation à Stanleyville d’un gouvernement rival se réclamant de la légitimité lumumbiste.
  • 1961 : devient vice-Premier ministre du gouvernement de Cyrille Adoula.
  • 15 janvier 1962 : vote d’une motion de censure contre lui à la Chambre des représentants.
  • Février 1962 – juillet 1964 : détention sur l’île de Bula-Mbemba.
  • 22 août 1964 : fondation du Parti lumumbiste unifié (PALU).
  • 19 février 1966 : départ en exil, selon Jean Mpisi.
  • 7 février 1992 : retour au pays.
  • 30 juillet 2006 : arrive troisième au premier tour de l’élection présidentielle, avec 13,06 % des voix.
  • 30 décembre 2006 : nomination au poste de Premier ministre.
  • 25 septembre 2008 : remise de sa lettre de démission.
  • 2011 : publication de son autobiographie, Ma vie et mes luttes.
  • 24 février 2019 : décès à Kinshasa, à l’âge de 93 ans.

Antoine Gizenga naît le 5 octobre 1925. Dans son autobiographie Ma vie et mes luttes, il situe sa naissance à Mbanze, un village du territoire de Gungu. Il y retrace ses études de philosophie au grand séminaire de Mayidi, puis une régence à la mission catholique de Beno en 1947. Il raconte également avoir été chargé de diriger une école primaire. [1]

À la fin des années 1950, Gizenga figure parmi les dirigeants du Parti solidaire africain, le PSA. Selon le profil publié par Radio Okapi, il est élu député national lors des législatives de 1960. Il devient ensuite vice-Premier ministre du gouvernement de Patrice Lumumba. [2, 3]

La crise de septembre 1960 et la révocation de Lumumba par Joseph Kasa-Vubu bouleversent cette première expérience gouvernementale. Gizenga poursuit son action à Stanleyville, où les archives diplomatiques américaines le situent dès novembre 1960. Les notes historiques de cette collection datent du 12 décembre la proclamation du pouvoir rival établi dans la ville. [3–5]

Ce pouvoir rival revendique une légitimité concurrente de celle des autorités de Léopoldville. Un télégramme américain du 12 mars 1961 évoque sa reconnaissance par l’Union soviétique. Cette position diplomatique doit être distinguée d’une reconnaissance collective par les Nations Unies. [6]

En 1961, Gizenga rejoint le gouvernement de Cyrille Adoula comme vice-Premier ministre. Une note des archives FRUS mentionne son voyage avec Adoula à Belgrade en septembre, à l’occasion de la conférence des non-alignés. Cette participation au gouvernement central constitue une nouvelle étape, distincte de la crise institutionnelle de septembre 1960. [2, 7]

L’Annuaire des Nations Unies rapporte qu’une motion de censure est votée contre Gizenga le 15 janvier 1962, puis confirmée le même jour par une ordonnance. Le 20 janvier, il est transporté à Léopoldville par un avion des Nations Unies. Les archives américaines le situent détenu à Boulabemba, à l’embouchure du fleuve Congo, au début de février. [8, 9]

Le rapport ONUC du 23 août 1962 confirme sa détention sur l’île, également orthographiée Bulabemba. Il décrit les démarches de Gizenga auprès des autorités congolaises pour comparaître devant un tribunal qui statuerait sur sa détention. Ces demandes sont celles de Gizenga lui-même, rapportées par l’Opération des Nations Unies au Congo. [10]

Libéré en juillet 1964 sous Moïse Tshombe, il participe à la fondation du Parti lumumbiste unifié, le PALU. Radio Okapi et Jean Mpisi situent cette création au 22 août 1964. De nouveau placé sous surveillance cette année-là, il recouvre sa liberté à la fin de 1965. [2, 4, 11]

Jean Mpisi situe son départ à l’étranger au 19 février 1966. Gizenga y poursuit une activité politique : il dirige le FODELICO, les Forces démocratiques pour la libération du Congo, dont les historiens Emizet François Kisangani et F. Scott Bobb placent la formation au début des années 1970. [4, 11]

En avril 1977, Le Monde le présente comme dirigeant de ce mouvement et rapporte son départ de France vers l’Algérie, le 27 avril, à la suite d’une mesure de refoulement. Ce repère documente une étape de son parcours à l’étranger, sans établir un itinéraire complet de l’exil. [12]

Il rentre au Congo le 7 février 1992. La date est rapportée par une dépêche contemporaine publiée dans Le Monde et concorde avec le récit de Mpisi. [11, 13]

Gizenga arrive troisième au premier tour de l’élection présidentielle de 2006. Les résultats reproduits par le Carter Center lui attribuent 2 211 280 voix, soit 13,06 % des suffrages. Le PALU obtient, pour sa part, 34 sièges aux législatives. [14]

Il s’allie à Joseph Kabila pour le second tour. Le 30 décembre 2006, Kabila le nomme Premier ministre. Gizenga accède ainsi à la direction du gouvernement après avoir exercé la vice-Primature dans les années 1960. [4, 15]

Radio Okapi rapporte la présentation de son programme à l’Assemblée nationale le 22 février 2007. La consolidation de la paix figure parmi les objectifs annoncés. Un remaniement est rendu public au début du 26 novembre de la même année. Ces annonces décrivent les orientations et l’organisation du gouvernement ; elles ne suffisent pas à en établir le bilan. [16, 17]

Le 25 septembre 2008, Gizenga remet sa lettre de démission au président. Selon le compte rendu de sa déclaration, il invoque les limites physiques pour expliquer sa décision. Adolphe Muzito est nommé pour lui succéder le 10 octobre suivant. La remise de la démission et la nomination du successeur constituent deux étapes distinctes de son départ de la Primature. [4, 17]

En 2011 paraît Ma vie et mes luttes, son autobiographie publiée chez L’Harmattan. L’ouvrage transmet son récit personnel de formation et d’engagement, une perspective d’acteur à distinguer des analyses historiques de son parcours. [1]

Antoine Gizenga meurt à Kinshasa le 24 février 2019. Radio Okapi rapporte un hommage officiel au Palais du peuple le 10 mars. Ces manifestations de mémoire témoignent de sa place dans la vie publique congolaise, sans constituer un jugement unanime sur son action. [18]

Le parcours de Gizenga associe des responsabilités gouvernementales, une organisation partisane et une longue période d’exil. Le PALU, l’activité du FODELICO et son autobiographie en constituent des repères documentés. Son retour à la Primature après les élections de 2006 rappelle aussi que son influence ne se limite pas aux premières années de l’indépendance. Entre les gouvernements de Lumumba et d’Adoula, le pouvoir de Stanleyville et l’alliance avec Joseph Kabila, les cadres de son action évoluent. Cette succession de rôles éclaire sa place dans l’histoire du lumumbisme, tout en invitant à distinguer la mémoire de son engagement du bilan de ses responsabilités.

Auteur(s) : Alpha Memidra Egbango

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